Etude Norton Rose sur les Fusions-acquisitions transfrontalières : le point de vue asiatique La récente étude qualitative réalisée par The Economist Intelligence Unit à la demande de Norton Rose LLP auprès de 258 dirigeants asiatiques révèle : - Un élan des fusions-acquisitions asiatiques qui devrait se poursuivre, la Chine et l'Inde étant les plus dynamiques. Ainsi 63 % des entreprises asiatiques interrogées s'attendent à réaliser une opération de fusion-acquisition dans les 12 prochains mois, dont 61 % à titre d'acquéreur. Près de la moitié des opérations de fusions-acquisitions entreprises par la Chine cibleront les économies occidentales ; au moins 20 % des opérations en provenance d'autres pays asiatiques viseraient également l'Occident. - Les secteurs les plus dynamiques : services financiers, suivis des télécoms et de l'industrie manufacturière. - Des réglementations contraignantes : un facteur de dissuasion majeur pour les investissements à l'Ouest. - Les Etats-Unis (24,6 %) et la France (23,3 %) arrivent en tête des marchés occidentaux identifiés comme les plus contraignants ; ils sont également perçus comme étant les pays les plus enclins à bloquer une opération de fusion-acquisition en raison de préoccupations stratégiques et politiques (respectivement 24 % et 13 %). - La Chine (24,6 %), l'Indonésie (22 %) et l'Inde (20,3 %) : les marchés d'Asie les plus difficiles à pénétrer ; le facteur de dissuasion majeur pour les investissements en Asie : le manque de transparence. - La Chine (23%) est également perçue comme l'un des pays le plus enclin à bloquer une opération de fusion-acquisition pour des raisons politiques ou stratégiques. - Un regard assez favorable porté sur les investisseurs occidentaux, malgré des processus de décision jugés lents, une focalisation excessive sur les questions de conformité à la réglementation et une gestion très rapprochée de leurs filiales asiatiques. Les fusions-acquisitions transfrontalières impliquant des entreprises asiatiques se sont multipliées au cours de ces cinq dernières années. Le nombre total d'opérations, incluant les acquisitions effectuées en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, s'est élevé à 2 359 en 2006, soit 294 de plus qu'en 2005. Le montant des opérations a totalisé 67,4 milliards de dollars USD en 2006, soit une hausse de 53 % par rapport à l'année précédente. Parallèlement, la multiplication des opérations transfrontalières a généré des inquiétudes politiques dans de nombreux pays, plus particulièrement aux États-Unis, en France et en Chine. Dans ce contexte, les entreprises asiatiques, peu accoutumées à réaliser des opérations internationales sont confrontées à de vrais défis. L'objectif de cette étude - Fusions-acquisitions transfrontalières : point de vue asiatique - est de comprendre comment les entreprises asiatiques anticipent le développement à venir des opérations de fusions-acquisitions transfrontalières et d'identifier les défis majeurs auxquels elles estiment être confrontées lors de la conduite de ces opérations. The Economist Intelligent Unit, à la demande du Groupe Norton Rose, cabinet d'avocats d'affaires international, a ainsi interrogé 258 dirigeants de grandes entreprises à travers l'Asie dans plusieurs secteurs d'activité (services financiers, informatique et technologies, industrie, énergie et ressources naturelles et services professionnels) et a mené des entretiens approfondis avec des experts en fusions-acquisitions. « Fusions-acquisitions transfrontalières : point de vue asiatique » : principales conclusions. - Le dynamisme du marché des fusions-acquisitions ne devrait pas faiblir. Six répondants à notre étude sur dix s'attendent à ce que leur entreprise étudie une éventuelle opération de fusion-acquisition dans les douze prochains mois. Parmi eux, 61 % pensent qu'ils seront acquéreurs plutôt que vendeurs. Leurs cibles seront plutôt d'autres entreprises asiatiques (44 % des répondants) que des sociétés implantées hors du continent. Seul un répondant sur cinq envisage d'effectuer une fusion-acquisition avec une entreprise établie en Europe ou en Amérique du Nord, tandis qu'un répondant sur trois affirme que la réalisation d'opérations avec des entreprises situées dans l'une quelconque de ces régions est également probable. Soulignons que les entreprises les plus enclines à réaliser des opérations avec des entreprises implantées en Europe ou en Amérique du Nord visent les filiales asiatiques de ces dernières. - Les entreprises chinoises et indiennes sont les plus agressives ; a contrario, les sociétés thaïlandaises et indonésiennes tiennent le bas du tableau. Les Chinois semblent être les acteurs les plus dynamiques. Neuf répondants sur dix déclarent que leur entreprise envisage de mener une fusion-acquisition dans les 12 prochains mois. Leur intérêt se porte autant sur les entreprises asiatiques qu'européennes et nord-américaines. La plupart s'attendent à être acquéreurs plutôt que vendeurs. Les entreprises implantées en Inde projettent aussi un grand nombre d'acquisitions, mais devraient davantage cibler les sociétés asiatiques. Huit répondants sur dix déclarent que leur entreprise va probablement réaliser une fusion-acquisition dans les 12 prochains mois et 70 % d'entre eux s'attendent à être acquéreurs. Néanmoins, seulement 16 % d'entre eux sont cependant certains de cibler des entreprises situées en Europe/Amérique du Nord. 44 % d'entre eux espèrent conclure une opération avec une entreprise établie en Asie, tandis que 40 % déclarent que leur probabilité de conclure une opération dans l'une quelconque de ces régions est équivalente. - Le secteur le plus dynamique des fusions-acquisitions transfrontalières est probablement celui des services financiers, suivi par celui des télécoms et celui de l'industrie manufacturière. Trois dirigeants sur dix en Asie s'attendent à ce que les services financiers fassent preuve d'un très grand dynamisme dans les 12 prochains mois. Ils classent les télécoms en deuxième position (23 %) et l'industrie manufacturière (14 %) en troisième position. Loin derrière, avec des taux à un chiffre, figurent les secteurs des infrastructures (7 %), l'énergie et les matières premières (6 %) ainsi que l'immobilier (5 %). - Les réglementations contraignantes dissuadent les entreprises d'entreprendre des investissements et ce, de manière plus accentuée à l'Ouest qu'en Asie ; concernant l'Asie, le frein principal est le manque de transparence. Interrogés sur le facteur le plus dissuasif à l'égard des éventuelles opérations de fusions-acquisitions en Occident, 19 % des répondants ont désigné les questions de concurrence/antitrust et 15 % le poids de la réglementation. En Asie, le principal facteur de dissuasion à l'égard des fusions-acquisitions, évoqué par 15,5 % des répondants, est le manque de transparence des entreprises. Dans les deux cas, les difficultés d'intégration culturelle apparaissent comme un frein important. 15 % des répondants pensent que leur intégration devrait être problématique en Occident contre 13 % en Asie. Les dirigeants chinois estiment, quant à eux, que le droit du travail et les difficultés d'intégration culturelle sont les deux facteurs les plus dissuasifs. - Les États-Unis et la France sont désignés comme les deux pays occidentaux où il est le plus difficile de réaliser des opérations. Compte tenu des récents débats politiques sur les investissements étrangers dans ces pays, il est peu surprenant que les répondants considèrent les États-Unis (25 %) et la France (23 %) comme les pays les plus contraignants. Il est également probable que ces résultats soient le reflet de leurs systèmes réglementaires draconiens. La France a été la plus fréquemment citée parmi les répondants Chinois (40 %), Thaïlandais (33 %) et Singapouriens (32 %), tandis que les Malaisiens (50 %) et les Hongkongais (41 %) ont désigné les États-Unis. - La Chine, l'Indonésie et l'Inde sont considérées comme les marchés d'Asie les plus difficiles à pénétrer. La Chine, qui devrait dominer en volume le marché des fusions-acquisitions asiatiques, apparaît néanmoins comme le pays le plus contraignant : 25 % des répondants (dont 31 % de répondants chinois) l'ont désignée comme le marché asiatique le plus difficile à approcher. Identifiée par 22 % des répondants, l'Indonésie se classe en deuxième position et l'Inde, citée par 20 % d'entre eux, en troisième position. Le manque de clarté des réglementations ou leur inexistence ainsi que la corruption sont sans doute à l'origine du mauvais classement de la Chine et de l'Indonésie. En Inde, les difficultés les plus citées parmi les investisseurs à la fois étrangers et nationaux ont trait à l'excès de bureaucratie et au manque d'infrastructures. - Les États-Unis, la Chine et la France sont perçus comme les pays les plus enclins à bloquer une opération de fusions-acquisitions pour des raisons politiques ou stratégiques. Les répondants désapprouvent généralement l'intervention de l'État dans les opérations de fusions-acquisitions, y compris pour des motifs politiques et stratégiques. Cependant, si huit dirigeants indiens sur dix préféreraient ne pas voir les pouvoirs publics s'engager dans de telles actions, pour la majorité des répondants chinois, le blocage d'une opération par un gouvernement peut se justifier, que ce soit en Occident ou en Asie. Selon les répondants, les pays les plus susceptibles de bloquer des opérations pour ces motifs sont les États-Unis (24 %), la Chine (23 %) et la France (13 %). « A cet égard, la Chine vient d'adopter une nouvelle loi sur les monopoles qui inquiète les investisseurs. Adoptée le 30 août, elle instaure une clause de sûreté nationale, qui permet aux pouvoirs publics d'accepter ou de refuser l'acquisition d'une société chinoise par des intérêts étrangers. Toutefois, à mon sens, cette loi ne vient que préciser et codifier une pratique qui était déjà en place par le biais des procédures d'approbations obligatoires auxquelles sont soumis tous les investissements étrangers en Chine. Elle ne vient que préciser des principes qui étaient déjà, dans la pratique, appliqués par les autorités » commente Virginie Deslandres, associée Corporate de Norton Rose LLP aux bureaux de Pékin et de Shanghai. - Les investisseurs occidentaux ont plutôt une bonne réputation en Asie. Il leur est cependant reproché d'être trop focalisés sur des questions de conformité à la réglementation, ce qui perturbe les négociations. Si 75 % des répondants conviennent du professionnalisme et de l'efficacité des entreprises occidentales lors des opérations de fusions-acquisitions, presque 50 % d'entre eux s'accordent à dire que leur focalisation sur la réglementation et les problèmes de conformité rendent les négociations difficiles. Les Chinois adhèrent plus particulièrement à ce point de vue (69 %). Ils sont aussi les plus frustrés par des processus de décision jugés trop lents : 53 % d'entre eux estiment que les entreprises occidentales sont trop lentes à se décider, contre 28 % pour l'ensemble des répondants. Hervé Castelnau, associé Corporate de Norton Rose LLP au bureau de Paris conclut : « le potentiel d'investissement de pays tels que la Chine en Europe de l'Ouest est immense, mais les différences socio-culturelles et juridiques le sont également. Le développement et le succès de ces investissements seront ainsi conditionnés par la capacité d'adaptation plus ou moins rapide des entreprises chinoises aux contraintes locales, mais aussi à la capacité des pays occidentaux à faire preuve de pédagogie et d'ouverture face à cet afflux d'investissements qui, s'ils sont correctement calibrés et accompagnés, ne pourront qu'être bénéfiques aux deux régions concernées. » A propos de l'étude Cette étude est basée sur un sondage effectué auprès de 258 dirigeants en Chine, à Hong Kong, en Inde, en Indonésie, à Singapour, en Corée du Sud et en Thaïlande par The Economist Intelligence Unit, en mars 2007. Les répondants sont généralement issus de la direction générale (37 %), des départements stratégie et développement commercial (36 %), finance (26 %) ou marketing et ventes (22 %). Ils ont été choisis dans différents secteurs dont les services financiers (29 %), l'informatique et les technologies (14 %), l'industrie (9 %), l'énergie et les ressources naturelles (8 %) et les services professionnels (7 %). Leurs entreprises ont un chiffre d'affaires global compris entre 100 millions de dollars USD ou moins (31 %) et 10 milliards de dollars USD ou plus (19 %). A propos de Norton Rose LLP : Norton Rose LLP est une partie intégrante du Groupe Norton Rose, cabinet d'avocats d'affaires international offrant à ses clients une large gamme de services juridiques en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Connaître le métier de nos clients et apprécier les enjeux de leur secteur d'activité est pour nous essentiel. Organisés localement et globalement par pôles de compétences juridiques et par expertises sectorielles, nos avocats ont une réelle capacité d'intervention multinationale et offrent à nos clients une connaissance approfondie de leur secteur d'activité, partout dans le monde. Nous sommes particulièrement actifs en droit des affaires, et dans les secteurs des institutions financières, de l'énergie et des infrastructures, des transports et des technologies. Le groupe Norton Rose comprend Norton Rose LLP et ses filiales et compte plus de 1 000 avocats intervenants au sein des bureaux d'Amsterdam, d'Athènes, de Bahreïn, de Bangkok, de Bruxelles, de Djakarta*, de Dubaï, de Francfort, d'Hong Kong, de Londres, de Milan, de Moscou, de Munich, de Paris, du Pirée, de Prague, de Pékin, de Rome, de Shanghai, de Singapore et de Varsovie. * : bureau associé. Contacts Presse Sandrine Chapuis, Norton Rose LLP, Directeur Marketing et Communication, Paris + 33 (0)1 53 89 49 33, sandrine.chapuis@nortonrose.com Isabelle Meiss, Rumeur publique, Paris +33 (0)1 55 74 52 06, isabelle@rumeurpublique.fr
4 September 2007, 6:33 pm